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KYUREN - [Sunrise]


            Démarrez un feu de cheminée avec quelques planches d’Iroko, servez-vous un grand verre de jus de blob bien frais et installez-vous confortablement, car l’histoire qui va vous être contée n’est autre que celle d’un grand chevalier qui marqua notre génération… l’illustre Sire Gustave IIIe du nom.


Jeune garçon à la fois fier et téméraire, il développa dès sa plus tendre enfance une passion dévorante pour les courtisanes callipyges1.


Ne faisant que les admirer depuis la fenêtre de sa petite maison de campagne (située dans les plaines de Naep), il décida d’entreprendre un entraînement bien spécifique aux côtés d’un ermite de passage dans sa région, qu’il rencontra un matin à la fontaine du marché.


Le souhait le plus chère de Gustave ? Devenir un chevalier reconnu dans tout Vesperae afin de pouvoir aborder ces créatures presque divines à ses yeux avec plus ample facilité, tout en servant une noble cause.


Cet ermite n’a jamais voulu révéler son identité à quiconque, ni même à son élève.


La seule information que Gustave avait réussi à obtenir concernant ce mystérieux personnage était qu’il fut le bras droit d’un puissant Roi qu’il servit au-delà de la Mer Mirène.


Cette information, il l’obtenu à la fin de son enseignement, après quoi l’ermite quitta les plaines à jamais.


 


            Par son éloquence précoce et sa fine analyse du combat rapidement développées au fil de ses jeunes années, il devint en Yuyio 1249, alors qu’il n’avait que 20 printemps, chevalier sacré sous le commandement du grand (littéralement très grand) Etheldernildoneal, qu’il rencontra lors d’un tournoi d’envergure à Proncilia.


Ce guerrier expérimenté au casque luisant et à la corpulence étendue, consacra et consacre encore aujourd’hui sa vie aux plus démunis, et plus précisément au bas peuple enchaîné par le système putride dont ils en sont les esclaves.


Etheldernildoneal est, par ailleurs, souvent comparé à une étincelante lance D adressée à la sombre injustice de notre époque.


Pour mettre fin à celle-ci, il forma une élite de puissants guerriers.


Leur méthode pour combattre ce système des plus misérables et méprisables ?


Emprisonner dans leur repère (encore aujourd’hui introuvable sur la carte de notre monde), tout aristocrate ayant une atteinte à la liberté du bas peuple, jusqu’à ce qu’ils reconnaissent leurs méfaits et qu’ils les exposent publiquement devant la Cour du tribunal de Trigorn.


De ce fait, on ignore toujours les conditions dans lesquelles sont emprisonnés ces butors2.


Néanmoins, une chose est sûre : leurs actions menées sont redoutablement efficaces.


Le nom de ce groupe de guerriers fait frémir la plus mauvaise bourgeoisie de notre Royaume : il s’agit de l’organisation NELPHA !


Les membres composant cette organisation agissant dans l’ombre ont tous un rôle bien précis, mais certains ont servi cette cause au péril de leur vie.


Ils sont, par ailleurs, reconnaissables par le blason qu’ils arborent sur une zone de leur vêtement, parfois même sur une partie de leur corps (pour les plus anciens et fidèles d’entre eux) : il s’agit d’une tête de tigre griffée, symbole de puissance et de lutte sans merci.


Au-delà de cette symbolique, cette organisation est avant tout réputée pour agir en véritable fratrie.


Mais quel est le rôle de Sir Gustave au sein de cette organisation ? Et puis, pourquoi IIIe du nom ?


Tout est lié à l’opération qui forgeât sa légendaire réputation, connue au-delà des terres de Vesperae, qui se déroula en Asiris 1251 avec pour nom « Opération III ».


 


            À cette période (qui nous est encore peu lointaine), le Royaume vivait sa première ère de prospérité depuis la bataille du Mur du bout du Monde.


Son peuple ne se doutait pas qu’en réalité, celle-ci couvait la mise en place d’un guet-apens orchestré par un groupe de souverains.


Kyomû, membre Nelpha et soldat simplet réputé pour être un voleur hors-pair, avait réussi (et on ne sait toujours ni comment ni pourquoi…) à dérober une lettre concernant l’annonce et le départ de cet assaut (c’est d’ailleurs, une des rares fois où cet homme vola un autre homme qu’un membre de son clan) : cette attaque allait débuter à Sarosa à quatre heures précises.


En effet, une bande d’une dizaine d’individus grassement payée est dirigée par trois membres d’une même famille : les Arabeyres.


Cette riche et puissante famille cultive depuis des générations un mépris profond pour les hommes pauvres, considérés pour eux comme étant les vermines de la société.


Ainsi, pour mettre fin à leur développement, ils ont organisé l’attaque suivante : Kidnapper toutes les femmes et filles des foyers aux faibles revenus de toutes les villes du Royaume en commençant par Sarosa et les faire travailler pour une misère dans les bordels cachés de Proncilia.


Après plusieurs heures à analyser cette lettre dans ses moindres détails, Kouinte, fin savant et encyclopédiste de Nelpha, remarqua des similitudes dans l’écriture de cette lettre avec celle de Maitre Bretzel, avocat et riche aristocrate siégeant à la Cour du tribunal de Trigorn. Seraient-ils de mèche ?


C’est grâce à ces informations cruciales récoltées par ces deux membres que l’organisation NELPHA pu avoir un coup d’avance sur le projet des Arabeyres.


Gustave, à l’annonce de ces révélations, sentit pour la première fois en lui naître une rage incommensurable à l’égard de cette famille et de l’injustice qu’elle nourrit depuis tant d’années (bien entendu, cette attaque concernant la gente féminine n’est pas un détail anodin…).


Pour lui, il n’était pas question de les emprisonner, mais bel et bien de mettre fin à leurs jours.


C’est pourquoi, après l’approbation du suprême leader du clan NELPHA, il partit à la recherche de cette famille pour démanteler cette opération.


Pour connaître au plus vite leur position, il se rendit donc au Tribunal de Trigorn pour rencontrer Maitre Bretzel et éclaircir cette affaire.


Il se retrouva alors dans son bureau, seul à seul, durant la nuit précédant l’attaque.


 


Sire Gustave : « Eh bien, qui aurait pu imaginer un seul instant qu’un petit homme comme vous, respecté dans tout le Royaume, puisse être en réalité un infâme personnage ? »


Maitre Bretzel : « Ou voulez-vous en venir, Sir Gustave ? »


Sire Gustave : « Qu’avez-vous à me dire concernant cette lettre ? »


Maitre Bretzel : « Quoi ? Comment ?? »


Sire Gustave : « Je ne vous reposerais pas ma question, tachez d’y répondre avec honnêteté ou je vous escorte à notre repère. Crok vous y présentera son père. »


Maitre Bretzel : « Très bien… Les Arabeyres menacent de m’exécuter si je ne leur donne pas l’occasion d’assouvir leurs projets. Je ne cultive aucune haine envers quiconque, veuillez bien me croire. Ils avaient donc besoin d’un intervalle de temps où les soldats du Royaume ne seraient pas dans leurs pattes afin d’accomplir leur opération en toute tranquillité, j’ai donc fait en sorte que dès l’aube, plus aucune sécurité ne soit assurée à Sarosa… »


Sire Gustave : « Mhhh, je vois. Dites-moi ou se trouve les Arabeyres, ce sera ma dernière réclamation. »


Maitre Bretzel : « À l’heure qu’il est, ils doivent surement se préparer dans la maison de campagne dans la forêt au Nord de Sarosa. Cependant, leurs hommes de mains montent la garde. »


Sire Gustave : « Bien. Je m’y rends de ce pas. »


Maitre Bretzel : « Avant que vous partiez, il me semble que vous avez été par le passé entrainé par un ermite, pas vrai ? »


Sire Gustave : « C’est exact. L’avez-vous connu ? »


Maitre Bretzel : « Pas vraiment, mais j’ai connu le Roi qu’il servait. Si mes souvenirs sont bons, votre ermite était son homme de main et répond au nom de Mikjàll, voilà tout ce que je sais le concernant. »


Sire Gustave : « Mhhh... »


 


Il reprit donc sa route en direction de Sarosa, et fini par s'approcher de la maison en question.


À l’extérieur de celle-ci, quinze barbares armés jusqu’aux dents y montent la garde.


Je vous l’ai dit tout à l’heure : l’organisation NELPHA est réputée pour agir en véritable fratrie.


C’est pourquoi Sire Gustave, sans même le savoir, avait été suivi et rejoint par six de ses autres confrères pour assurer ses arrières.


Sans avoir échangé le moindre mot, ils agirent avec une synergie parfaite : en l’espace d’un instant, Don Bogossdetaluyers, Messire Pandemic, Dame Yrisse, Duc Scrat, Prince Mey et Princesse May mirent hors d’état de nuire les quinze hommes, laissant le chemin libre pour Sir Gustave.


Il enfonça alors la porte et tomba nez à nez avec les trois Arabeyres qui se trouvaient debout l’un derrière l’autre face à lui : un vieil homme d’une soixantaine d’années, derrière un homme d’une quarantaine d’années et enfin, le petit-fils d’une vingtaine d’années.


 


Grand-père Arabeyre :


« C’est l’organisation NELPHA… Mais comment ont-ils… »


Père Arabeyre :


« ÉPARGNEZ AU MOINS MON FILS SIRE GUSTAVE JE VOUS EN CONJURE ! »


Sire Gustave :


« Mhhh, ceci n’a que trop duré. Il est temps d'en finir ! »


 


*lève sa lame vers les cieux*


 


Sire Gustave finit alors, d’un coup d’épée foudroyant mêlé d'une précision millimétrée, par transpercer simultanément la poitrine des trois souverains et, devint à cet instant précis, le guerrier ayant abattu la lignée de trois générations d’odieux personnages.


Quelques respirations après avoir porté ce coup fatal, il reprit ses esprits et porta sa main à la poche de son vêtement :


« Bien… Je l'ai bien mérité celle-là ! »


 


*allume une pipe d'herbe de Saronys*




Son acte héroïque au service de la justice et de son peuple fut immédiatement relayé partout dans le Royaume et fit la première page de l’Aurore, avec pour titre :


« Sire Gustave IIIe du nom »


 


Épilogue :


Aujourd’hui, Sire Gustave a (tout en restant au sein de l’organisation NELPHA) rejoint l’élite des gardiens de Vesperae, il en est la troisième porte (Est-ce une coincidence ? Je ne pense pas.) et séjourne ainsi dans l'arène de sa ville natale Naep où il y affronte des guerriers provenant de tous les recoins du monde.


C’est ainsi que son histoire fut tracée et (comme vous pouvez vous en douter) : sa passion qu’il cultive depuis sa tendre enfance, dès lors, assouvie.


 


1 : femmes aux jolies fesses.


2 : grossiers personnages.