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ONI - [Elelidia]









Oni, la pirate justicière



Présentation générale :



Oni
Âge : 24 ans
Sexe : Femme
Profession : Capitaine pirate, justicière, avocate, déserteuse.
Elle aime : La mer, son bateau, le rhum, son équipage, les jolies minettes, les poissons.
Elle n’aime pas : Les nobles, les bourgeois, les assassins, les chats, les gens qui tuent des poissons.
Stratégie d’attaque : Désarmer ses adversaires et leur botter les fesses.
Cheveux : Blonds, mi longs, rebiquent sur le côtés à cause de l'humidité. Recouverts d'un tricorne.
Taille : pas très grande.
Vêtements : manteau noir de pirate, brodé de fils dorés et de deux rangs de boutons d'argent. Foulard de Karasa autour du cou, qui lui sert de jabot.
Arme : Une rapière qu'elle a trouvé sur un port en étant petite.
Accessoire : A toujours une bouteille sur elle, sa bouteille fétiche.



Oni est une jeune femme blonde, pas très grande, dégageant une forte odeur de rhum. Elle est très fière de son tricorne, de sa rapière (qu'elle qualifie pourtant de vieux bout de ferraille), et de son bateau aux voiles noires, le Ganglion. Elle est également très sûre d'elle et de ses compétences martiales. Ancienne soldate, elle a déserté pour vivre une vie de pirate. Elle est donc entraînée et sait se battre. Elle privilégie l'agilité plutôt que la force brute et évite de tuer lorsque ce n'est pas nécessaire. Elle se contente généralement de désarmer et de botter les fesses de ses ennemis, pour prouver sa supériorité.

A bord du Ganglion elle sillonne les mers à la recherche de bourgeois et de marchands à détrousser. Elle se considère comme une justicière, volant aux riches pour donner aux pauvres. Elle n'aime pas les bourgeois ni les assassins, et est convaincue qu'un jour les petites gens s'imposeront par la force et mettront fin à la dynastie des Roland.

Amoureuse de la mer et du rhum, Oni est généralement une bonne vivante. Elle aime boire et raconter ses histoires à qui veut bien les entendre. L'histoire qu'elle préfère raconter est la fois où elle a combattu et fait fuir un kraken, oui madame ! Elle choisit d'ignorer tout simplement les mauvaises langues qui prétendent qu'elle avait juste forcé sur la bouteille... Ils sont simplement jaloux... De toute façon, ceux qui la connaissent bien savent qu'elle tient très bien l'alcool. Les nuits à bord étant souvent synonyme de solitude, Oni profite généralement d'être à terre pour passer le plus clair de son temps dans des tavernes et séduire quelques petites minettes impressionnables.




Histoire :



La grande, la glorieuse, l'héroïque capitaine Oni naquit un Zanda du mois de Yuyio 1224, sur l'Île des Cinq Sages. Sa mère, une simple serveuse, donna naissance dans une des chambres de la taverne de l'Oasis, où elle travaillait. Le père d'Oni n'assista pas à sa naissance, et ne sut même jamais qu'il avait une fille. Pour cause, la mère d'Oni arrondissait ses fins de mois difficiles en se prostituant pour des marins de passage. Oni ne savait donc rien de son père, si ce n'est qu'il s'agissait d'un marin, et qu'il était probablement blond, vu sa propre couleur de cheveux, qui contrastait fortement avec celle de la plupart des insulaires.

Oni grandit donc à l'Oasis, avec ses quelques frères et soeurs (ou plutôt demi-frères et demi-soeurs), aidant parfois sa mère à la taverne. De part ses cheveux blonds, elle était fréquemment prise pour une fille de voyageurs de passage plutôt que pour une autochtone. Pourtant l'île était bel et bien son foyer. Elle l'avait sillonnée de long en large, allant visiter son frère aîné à Karasa, remplissant des petites missions de commerce pour gagner quelques sous, ou tout simplement pour partir à l'aventure. Sa jeunesse était faite de sable, de dunes, de serpents et de lait de cactus. Peut-être était-ce de là que lui venait son aversion pour les forêts...

Sa jeunesse était également faite d'eau, car elle aimait la mer et allait volontiers traîner dans les ports. Elle aimait voir les navires rentrer au port, ces gigantesques et majestueuses créatures de bois au ventre chargé de marchandises venant du continent, qui semblaient si exotiques à la petite insulaire qu'elle était. Elle aimait voir les marins s'affairer à décharger les bateaux. Elle aimait les entendre chanter, des chants qui promettaient une vie d'aventures en mer. La seule chose qu'elle n'aimait pas était de voir les pêcheurs décharger leurs cargaisons de pauvres petits poissons innocents... Oni aimait les poissons, et n'aimait pas qu'on leur fasse du mal !

La mer l'attirait et, une fois adolescente, elle s'engagea comme mousse sur un navire marchand. Le doux roulis des vagues, le chant des mouettes et des cormorans, le ballet des poissons volants, le parfum de la mer, celui de la liberté, ce fut une révélation pour la jeune Oni : elle passerait sa vie en mer !

A bord, son goût pour le rhum était né en même temps que son goût pour la navigation et les chansons de marins. L'adolescence fut également le temps des premières amours et de la découverte de son orientation sexuelle. Les premières expériences, éphémères, dans les villes portuaires où elle faisait escale. Les marins étant une bande de joyeux lurons, elle ne manqua pas de conseils et d'astuces pour "choper des minettes", ce qui lui fut fort utile.

Plusieurs années passèrent ainsi. Vivre en mer, faire escale dans tous les ports du monde, courir les jupons dans les tavernes, et quelques fois rentrer chez elle. De mousse, elle devint novice, puis matelote, traversant divers équipages, à bord de divers navires.

Mais ce qui devait arriver arriva et Oni tomba amoureuse... Pour les jolis yeux d'une fille, elle quitta la mer. Elles s'installèrent sur le continent, et Oni devint milicienne pour subvenir à leurs besoins. Une vie qui lui convenait, car elle était une escrimeuse plutôt douée. Une rapière qu'elle avait un jour trouvée sur un port étant petite ne l'avait jamais quittée, et elle avait appris à en servir lors de ses années en mer.

Hélas, son idylle fut de courte durée... Sa douce l'abandonna. Pour un homme, qui plus est ! Qui était pourtant beaucoup moins viril qu'elle, pour sûr ! C'était à n'y rien comprendre...

L'élément déclencheur de son retour en mer ne survint cependant que plus tard. Oni supportait de moins en moins la vie sur le continent, où les miliciens, loin d'être les gardiens de la paix et de la sécurité qu'ils prétendaient être, agissaient en fait au nom d'une aristocratie corrompue et cruelle. Certains de ses supérieurs étaient véreux et ne le cachaient même pas. Une nuit, il lui fut ordonné ainsi qu'à quelques autres miliciens de massacrer des prisonniers, pour le simple amusement de ses supérieurs. Elle déserta. Non sans avoir mis le feu à leurs quartiers.

La mer l'appelait à nouveau et elle s'enfuit vers le port. Traquée pour désertion, elle fit la seule chose qui lui restait à faire : embarquer avec des pirates. Enfin elle retrouvait la mer ! Enfin elle retrouvait ce sentiment de liberté qui anime le cœur des marins ! Et c'était avec plaisir qu'elle bottait les fesses de ses anciens collègues lors de rixes dans les ports ou de batailles navales.

Désormais pirate, Oni servit sous les ordres de plusieurs capitaines, dont elle ne partageait pas forcément la vision des choses, avant que ses faits d'armes, ses compétences en navigation et sa connaissance des tactiques de l'ennemi ne fasse d'elle une capitaine à son tour.

Malgré ses talents indiscutables à l'épée, ses forfaits la rattrapèrent. Elle tomba dans une embuscade et fut arrêtée pour les crimes de piraterie et de désertion. Loin de se laisser abattre, Oni suivit en prison une formation accélérée en droit. Elle se défendit elle-même lors de son procès et échappa de peu à la condamnation. Bien sûr elle reprit immédiatement la mer et sa vie de pirate, mais à ce jour elle est encore inscrite comme avocate au barreau de Trigorn. Son diplôme trône fièrement au dessus de son bureau, encadré et accroché au mur de sa cabine.

Forte de ce succès, elle fit construire en secret son propre bateau dans une crique uniquement connue des forbans, sur son île natale. Son bébé, le Ganglion, était né. Un magnifique brick aux voiles noires, car Oni avait le goût de la frime, léger, rapide, maniable, peu cher à entretenir, parfait pour l'utilisation qu'elle souhaitait en faire.

Bientôt, le nom du Ganglion fut connu dans tout le pourtour de la mer Mirène. Les bourgeois et les marchands le craignaient, car ils étaient la cible des attaques surprises de ce navire aux voiles noires. Les plus démunis, les pauvres, les indigents, quant à eux, prononçaient le nom du Ganglion avec espoir, car sa capitaine était une justicière : volant aux riches pour donner aux pauvres.

Bien que pirate, Oni se considérait comme profondément humaniste. Aussi rechignait-elle à tuer, sauf lorsque la nécessité l'exigeait. Elle se contentait généralement de désarmer ses adversaires et de leur botter les fesses. Les butins étaient partagés en trois : une part pour l'armement du Ganglion, une part pour l'équipage (ensuite divisée équitablement), et tout le reste revenait de droit au peuple, à qui cet argent avait été soutiré par les castes dominantes. Aux nouvelles recrues sur son navire, le message était clair : ils trouveraient à bord du Ganglion une vie d'aventure bien remplie, mais certainement pas la fortune !

Oni était d'ailleurs très stricte avec son équipage, sur certains points de règle. La pêche était strictement interdite sur son navire, et punie très sévèrement. Le coupable s'exposait à avoir les mains coupées. Autrement dit, ce serait la fin de sa carrière de pirate, de marin, de tueur de poissons, et probablement de beaucoup d'autres choses. Oni ne rigolait pas avec le meurtre des pauvres petits poissons innocents ! Les jeux d'argent étaient interdits, afin de ne pas susciter de bagarres, qui étaient elles-mêmes interdites. Si les marins voulaient s'occuper, ils n'avaient qu'à chanter ! Oni était d'ailleurs une très bonne chanteuse, possédant une voix grave et profonde, mais néanmoins féminine, et poussant souvent la chansonnette en travaillant. Le vol était bien sûr prohibé à bord, et les petites îles désertes ne manquaient pas en mer Mirène pour marronner quiconque osait se rendre coupable de larcin envers ses camarades.

Oni laissait cependant son équipage se servir librement dans les prises, parmi tout ce qui ne servirait à rien pour être distribué au peuple. Elle faisait d'ailleurs la collection des armes des vaincus, lorsqu'elle trouvait quelque chose qui l'intéressait. Elle accrochait alors ses prises aux murs de sa cabine.

La vie de pirate ne se résumait cependant pas à piller des navires : la mer recèlait de nombreux dangers. Et Oni, ayant sillonné la mer Mirène dans tous les sens, les affronta plus d'une fois. Son fait d'arme le plus héroïque restait néanmoins d'avoir battu un kraken, qui avait décidé de faire du Ganglion son casse-croute. Une histoire épique, qu'elle se plaisait à raconter à qui voulait l'entendre. D'aucuns prétendaient qu'elle avait forcé sur la bouteille, mais c'est faux ! Elle avait encore des cicatrices pour le prouver, et il restait quelques traces des ventouses de la bête sur le Ganglion !

Le kraken ne fut pas le seul danger qu'Oni affronta. De la même manière, elle traversa également beaucoup de lieux exceptionnels. Comme lorsqu'elle découvrit une communauté d'atlantes, les hommes-poissons, et devint leur amie. Elle visita également nombres d'îles paradisiaques, peuplées ou non, et en ramena des souvenirs plus exotiques les uns que les autres. Mais bien sûr, l'île qu'elle préférait restait l'Île des Cinq Sages.

Un jour qu'elle était à terre, le pire arriva : on lui vola sa bouteille fétiche ! Un objet inestimable à ses yeux, d'une importante valeur sentimentale, mais qui s'avérait également être un objet magique. Sa perte était donc plus que problématique... Aucun autre événement n'aurait pu pousser Oni à s'enfoncer dans les terres qu'elle détestait tant... Mais comme elle n'avait pas le choix, elle partit à la poursuite du voleur.

Sa quête l'emmena jusque dans la forêt du Sud de Sarosa. Un paysage des plus affreux, rempli d'arbres... L'herbe lui chatouillait les mollets, elle détestait cela ! Des oiseaux ridicules étaient perchés sur les branches et s'époumonaient de leurs voix nasillardes... Ahhh la mer lui manquait ! Le doux chant des mouettes ! L'odeur de l'iode ! Les embruns sur son visage ! Et bien sûr sa cargaison de rhum... Mais sa bouteille fétiche valait bien qu'elle fasse cet effort, alors elle continua.

Bien sûr, elle finit par se perdre... Son sens de l'orientation légendaire était perturbé par la trop forte concentration d'arbres. Elle chercha son chemin. Elle s'énerva. Elle hurla. Elle taillada ces saletés d'arbres de son épée et maudit le voleur sur cent générations. Mais rien n'y fit, elle était toujours perdue...

Elle aurait pu mourir dans cette forêt de malheur, si ce n'était pour ce haut mur de marbre blanc qui était soudainement apparu devant elle. Puisant dans ses dernières forces, elle suivit le mur jusqu'à arriver à d'immenses portes blanches, incrustées de pierres précieuses et surmontées d'une inscription. Toi qui n'a plus d'espoir, Elelidia t'ouvre ses portes. N'ayant plus rien à perdre, elle entra.

Ainsi débuta une autre histoire, celle de son association avec Melina, la gérante de la cité perdue d'Elelidia. Elle y retrouva d'ailleurs sa bouteille fétiche lorsqu'un elfe noir du nom de Keito arriva. Elle le prit d'abord pour le voleur, mais ce dernier n'avait fait que trouver la bouteille et lui rendit de bonne grâce.

Oni offrit son aide à Melina pour l'entretien de la cité. En échange, cette dernière accepta de lui ouvrir les portes du port, et le Ganglion entra. Depuis, la cité perdue est son port d'attache.




Ces derniers temps, il semblait à Oni qu'elle attirait les ennuis... Oh bien sûr les ennuis avaient toujours fait partie de son quotidien, mais depuis quelques temps c'était de pire en pire...

Tout avait commencé à Trigorn, lorsqu'elle avait tenté de dissuader un homme d'en finir avec la vie... Le vieillard, car il s'agissait d'un vieillard, était perché sur l'un des toits bleus de la cité portuaire et criait qu'il allait sauter. N'écoutant que son courage, Oni tenta donc de l'en dissuader et lui demanda les raisons de son geste. Le pauvre homme avait perdu son emploi suite à des conditions pécuniaires défavorables... Il avait perdu toute raison de vivre et croulait sous les dettes. Sauter de ce toit lui semblait être la solution la plus rapide pour en finir... Oni lui fit part d'une deuxième alternative : la piraterie ! Elle invita ce vieux bougre à rejoindre son équipage et à se venger du système !

C'est alors qu'arrivèrent deux des personnages les plus cruels qu'Oni ait pu rencontrer... Une drow. Sa silhouette était élancée, athlétique. Ses longs cheveux blancs étaient attachés, probablement pour ne pas la gêner au combat. Elle portait une arme dans son dos, à l'aspect létal et aux traces de sang peu rassurante... La deuxième était une lycan. Elle faisait au moins une tête de plus qu'Oni, la fixant de haut de ses yeux jaunes. Elle avait l'air d'une sauvage... Ses vêtements étaient déchirés, et son épée rouillée. Les deux comparses levèrent leurs regards meurtriers vers le pauvre homme sur le toit et l'incitèrent à sauter.

S'en suivit une discussion plus qu'animée. Oni traita ces deux infâmes d'assassins, et elles en virent aux mains. La lycan attaqua, mais la jeune capitaine parvint à esquiver. Pendant ce temps, le vieil homme était descendu du toit. Etant visiblement pressée, la drow rappela la lycan et ils s'en allèrent. Mais ce n'était que la première étape de ce qui allait devenir un véritable calvaire pour la pirate...

Un jour qu'elle cuvait tranquillement son rhum sur le port de Trigorn, un autre lycan aux yeux jaunes l'approcha... Il avait envie d'en découdre et provoqua Oni en duel. Il lui donna son nom, Niju, et expliqua qu'il venait venger Elvry, la lycan de l'autre fois. Niju, un nom qui resterait gravé dans sa mémoire... Il était immense, bâti comme une armoire. Il avait l'allure d'une bête sauvage, ses crocs étaient longs et aiguisés. Une grande cape recouvrait tout son corps, et il n'avait pas de bottes. Il portait une épée, Nacrée. Un objet magique selon toute vraisemblance, à en croire les pierres précieuses qu'elle arborait... Oni décida que si elle devait se battre, elle allait au moins essayer de lui voler cette épée.

Et c'est ce qu'elle fit ! Le combat fut rude. Le lycan n'était pas un amateur. Mais Oni non plus, et elle arrivait à esquiver ses attaques les plus mortelles. Enragé, le lycan se mit à faire des erreurs, et Oni sut en tirer profit. Profitant de l'inertie du dernier mouvement de Niju, elle le contourna et lui botta les fesses. Bien sûr cela eut pour effet d'énerver encore plus le lycan. Il répliqua avec toute la fureur dont il était capable. Oni ne dut qu'à sa chance insolente de réussir à éviter ses coups de griffes qui visaient les points vitaux. Mais un caillou dans sa botte manqua de la faire tomber, et elle ne put esquiver totalement la dernière attaque, qui la toucha au bras gauche. Les choses devenaient sérieuses... Elle allait probablement devoir se servir de son épée... Mais d'abord, elle enleva sa botte et chassa le caillou. Le lycan resta à bonne distance, repoussé par l'odeur. Dès la botte d'Oni remise, en revanche, le combat repris. Cette dernière avait dégainé sa fidèle rapière. Elle n'avait pas le choix, elle allait devoir faire mal à ce lycan. L'empêcher de continuer à se battre. Elle y parvint, au prix d'une lutte acharnée. Le lycan finit par tomber, trop blessé pour continuer. Oni s'empara de son épée magique, Nacrée, déclarant que cela ferait très bien sur le mur de sa cabine. Elle allait partir, mais les couinements du lycan l'arrêtèrent. Oni était une voleuse, certes, mais il y avait des limites... Une épée, c'est personnel ! En tout cas, ça lui ferait mal qu'on lui vole le vieux bout de ferraille qui lui servait de rapière. Prise de remords, elle jeta Nacrée sur le sol avant de s'en aller.

L'histoire en serait restée là si elle n'avait pas croisée à nouveau Niju, à la taverne du Clin d'oeil de la Mouette cette fois ci. Le lycan semblait s'être remis de ses blessures. Il semblait furieux de revoir Oni... Il dégaina Nacrée. Oni ne voulait pas d'histoire, elle était juste venue picoler tranquillement, mais Niju ne l'entendait pas de cette oreille. Il prononça une formule, plaça sa cape autour de son épée, et cette dernière se transforma en une grande femelle lycan... Sous sa nouvelle forme, l'épée arborait quelques reflets métalliques et n'était vêtue que de la cape. Elle attaqua Oni. La jeune capitaine se contenta d'esquiver ou de parer. Elle n'était pas venue pour se battre ! Et la quantité de rhum dans son sang ne l'aidait pas à se concentrer... Nacrée parvint à la toucher, à l'abdomen. Oni se mit à saigner abondamment. Elle tomba à genoux, portant une main tremblante sur sa blessure... Le lycan vint se placer devant elle, flanqué de son épée prête à frapper. Il exigeait des excuses... Oni n'avait aucune fierté, elle aurait parfaitement pu s'excuser. Mais quelque chose dans les yeux jaunes de ce lycan lui disait que les excuses ne changeraient rien. Il allait la tuer. Elle décida alors de prendre la tangente. Agile comme un poisson chat, elle s'enfuit de la taverne, répandant une traînée de gouttes de sang.

Elle savait que le lycan allait la suivre mais heureusement le port n'était pas loin. Son bébé, le Ganglion, l'attendait. Dès qu'elle fut montée, elle ordonna de lever l'ancre et de quitter ces eaux le plus vite possible. Les voiles noires furent hissées. Poussé par le vent, le Ganglion vogua jusqu'à Minghelle. Il accosta à l'abri des regards, une petite crique secrète non loin de l'Oasis, la ville natale d'Oni. Emmenée à terre par ses matelots, elle fut transportée jusqu'à l'auberge de l'Oasis, où sa mère et une de ses soeurs s'occupèrent d'elle. Elle y resta trois semaines, le temps que sa blessure guérisse.

Mais la vengeance de Niju n'était toujours pas accomplie... Et il semblait considérer qu'Oni ne trouverait le répit que dans la mort... Depuis ce jour, ses sbires traquent activement la jeune capitaine, dans le but non dissimulé de l'éliminer. Et cela par tous les moyens, sans même se soucier des témoins.

L'attaque la plus récente fut celle d'un certain Xilion, sous-fifre de Niju. Le jeune pyromancien/nécromancien eut recours à diverses techniques d'assassinat. Oni fut par exemple la cible d'une attaque au tabouret, qui lui laissa un hématome assez prononcé sur l'avant bras droit. Son tricorne évita de peu à une mort par les flammes, alors que Xilion, changé en femme, s'en était emparé. Heureusement, Oni n'avait pas peur des sbires. Elle avait botté les fesses de leur maître, qu'avait-elle à craindre de ses chiens ? Rien.

La chasse n'était néanmoins pas terminée. Oni avait l'habitude d'être une cible, mais elle s'était fait un ennemi bien plus dangereux que d'habitude...




Malgré ses déboires avec les lycans, les drows et leurs sbires, Oni connaissait un certain succès. Ses informateurs l'avaient renseignée quant à la présence du bateau du capitaine Barbe Verte dans les eaux au large d'Ibrin. Le Ganglion mouillait au port d'Elelidia, et la cité n'avait pas d'emplacement fixe. Aussi ne lui fut-il pas difficile d'apparaître au beau milieu de l'Océan, au Sud du royaume de Roland.

L'informateur n'avait pas menti : la Revanche de la Reine Eglenea, le navire du terrible Barbe Verte, mouillait bien au large d'Ibrin. D'après ses informations, il avait envoyé ses matelots à la recherche d'un trésor à terre, dans les mines de Khuzdul. Ce qui voulait dire qu'il était vulnérable... Oni n'allait pas manquer une occasion pareille !

Elle ordonna à son équipage d'augmenter la voilure, et le Ganglion prit de la vitesse. Il fallait agir vite, et surtout par surprise ! Elle utilisa sa bouteille fétiche. Un objet magique d'une grande puissance. Elle versa quelques gouttes de son contenu dans l'océan et, peu à peu, une épaisse nappe de brume s'éleva. Le brouillard encercla le Ganglion, le recouvrit, et s'étendit encore plus loin sur les eaux, rendant le bateau totalement invisible. La visibilité à bord était largement réduite, mais ses matelots avaient l'habitude de manoeuvrer à l'aveuglette.

L'abordage fut violent. Malgré les forbans partis à terre, il en restait suffisamment pour défendre la Revanche de la Reine Egleana ! Oni et ses pirates avaient l'avantage de la surprise, et de nombreux adversaires furent désarmés ou jetés par dessus bords avant d'avoir pu réagir. Néanmoins, après avoir compris qu'il essuyait une attaque, ils combattirent avec acharnement ! Il y eut des morts...

Les plus dangereux des marins de l'infâme Barbe Verte étaient le second et le bosco. Deux forces de la nature, sanguinaires et cruels, armés jusqu'aux dents. Un des matelots d'Oni tomba sous les coups des deux affreux... Observant un moment de recueillement, Oni enleva son chapeau. Puis elle s'élança vers le bosco en brandissant sa fidèle rapière. Oni était telle une mère, et son équipage était sa famille. Personne ne touchait à son équipage sans en payer le prix ! Le bosco l'apprit à ses dépens lorsqu'il s'écroula sur les genoux, stupéfait de s'être fait trancher la gorge sans avoir rien pu faire. Le second ayant assisté impuissant à la mort de son compagnon décida de quitter le navire. Il sauta par dessus bord et rejoignit la côté à la nage.

Plus rien ne se dressait entre Oni et l'infâme capitaine Barbe Verte, mise à part une double porte de bois ouvragé. Porte qui s'ouvrit avec fracas alors que Barbe Verte la défonçait du pied. L'odieux capitaine s'avança, un sabre dans chaque main. Sa barbe était aussi verte que le suggérait la légende... Mais elle rougeoyait par endroit, comme si des braises s'y trouvaient. Ses yeux luisaient d'une lueur de rage.

Le duel s'engagea. Barbe Verte était une bête sauvage. La rumeur disait qu'il avait du sang de lycan. Il mesurait bien deux mètres, peut-être plus, et ses bras étaient aussi épais que le mât de misaine du Ganglion. A côté, Oni avait l'impression d'être une crevette... Elle était plutôt petite et pas vraiment musclée... Néanmoins elle savait se battre ! Elle avait appris à utiliser sa rapière lors de sa jeunesse en mer, puis avait fait ses classes dans la milice d'Argelas. Elle était une escrimeuse plutôt douée, couplée à un talent inné pour esquiver les coups. Elle parvenait à parer ou à éviter les coups de Barbe Verte, ce qui avait pour effet de l'agacer. Oni était un véritable poisson chat ! Elle se faufilait, mais sa piqûre était douloureuse ! Maniant sa rapière comme une extension de son propre bras, elle parvint à toucher son adversaire.

Le combat continua un moment entre les deux capitaines. Les échanges de coups laissaient des blessures des deux côtés. Mais Oni parvenait à garder ses points vitaux hors d'atteinte. Le capitaine Barbe Verte, forban de la pire espèce, ne faisait pas partie de ces adversaires qu'elle parviendrait à désarmer. Il ne s'enfuirait pas après s'être fait botter les fesses. Non, Barbe Verte devait mourir. Il n'y avait pas d'autre alternative. Oni abhorrait le meurtre, mais parfois la nécessité l'exigeait...

Il n'y eut pas de coup d'éclat. Il n'y eut pas de victoire écrasante. Barbe Verte finit par succomber sous la fatigue et les coups répétés, tel un taureau lors d'une corrida...

Oni elle-même était épuisée par ce combat de longue haleine, et ses blessures étaient nombreuses. Mais l'équipage du Ganglion venait de remporter la victoire ! Elle se reposerait plus tard. Maintenant que le bateau de Barbe Verte était sous leur contrôle, Oni avait une dernière chose à faire. Récupérer ce que Barbe Verte lui avait volé. Récupérer son éclat du miroir du soleil.

Elle le retrouva dans un magnifique écrin d'acajou, sur une luxueuse commode dans la cabine de Barbe Verte. Au moins, il avait compris la valeur de cet objet. Le morceau de miroir était intact, reposant sur un petit coussin de velours rouge. Elle le toucha, pour s'assurer que c'était bien lui. Un frisson parcourut ses doigts, se répandant le long de son bras, puis à l'ensemble de son corps. Ses cheveux flottèrent, comme portés par un doux vent marin, et une sensation de liberté l'envahit. La même sensation que lorsqu'elle voguait sur les flots, toutes voiles dehors. Oni n'était pas vraiment pieuse, mais elle n'avait aucun doute quant à l'origine divine de cet objet. Doucement, elle referma l'écrin et l'emporta. Il fallait le remettre en sécurité à bord du Ganglion.

Le miroir du soleil était un artefact magique, créé selon la légende par Zandaros, dieu des eaux. Il avait été brisé dans des circonstances obscures, et ses morceaux avaient été dispersés à travers le monde. Une légende de marins affirmait que si les morceaux du miroir étaient réunis et que le miroir était utilisé pour refléter un rayon de soleil vert au milieu d'une mer absolument calme, quelque chose se produirait. Quoi, personne ne le savait. Il y avait de nombreuses rumeurs, toutes plus folles les unes que les autres. Quant aux prêtres de Zandaros, ils refusaient d'aborder le sujet et niaient l'existence d'un tel objet.

Pour certains, cette histoire n'était qu'une légende parmi d'autres. Pour Oni, c'était un fait. Elle possédait un des fragments. Il lui avait offert par les Atlantes, lorsqu'elle avait protégé une colonie contre une expédition de braconniers venus les tuer pour vendre leurs queues. La justice des peuples n'avait pas de frontière et Oni n'espérait rien en retour, mais les anciens de la colonie sous-marine avaient insisté pour la remercier. Depuis ce jour, elle était l'amie des Atlantes et elle avait été jugée digne de transporter le fragment du miroir de Zandaros.

Elle ignorait l'emplacement des autres fragments. Le Temple de Zandaros devait certainement avoir des informations, contrairement à ce qu'ils affirmaient. Peut-être même possédaient-ils un fragment, ou plusieurs. D'autres étaient sûrement cachés, perdus, ou confiés à des peuples de la mer. Elle ignorait combien de fragments existaient. Elle remit le fragment à sa place, dans sa propre cabine. Plusieurs objets magiques se trouvaient dans sa cabine, acquis ou volés au cours de sa carrière de pirate, mais le fragment de miroir avait une place centrale. La pièce maîtresse de sa collection. Il ne devait plus jamais quitter le Ganglion.

La mort de Barbe Verte avait été une libération pour les villes et villages côtiers opprimés par le terrible pirate. Son bateau, la Revanche de la Reine Eglenea, était désormais sous le contrôle d'Oni.

De retour à Trigorn, elle rencontra une vulrek pirate du nom d'Oron. Elle l'engagea comme capitaine pour son deuxième navire, et Oron le rebaptisa le Rhumland. Avec deux bateaux, Oni était désormais à la tête de sa propre flotte. Amirale Oni, cela sonnait plutôt bien...