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VRANKEN -- AgeofLegends
Level : 28, Réputation : 0, Or : 248939, Expérience : 1320958
Description :
· Distorsion psychotique: Distorsion importante qui transforme la réalité externe pour la rendre conforme à nos désirs. La distorsion peut aussi permettre la fusion hallucinatoire agréable avec une autre personne.



Marche Sanglante
par rymor


Trigorn n'avait jamais été aussi belle aux yeux de Rymorï. Celui-ci sourit, sans trop savoir pourquoi, à une vieille dame qu'il croisait. Il leva la tête, rêveur, et observa les nuages... celui-ci ressemblait à une rose. Celui-là à un coeur... Après avoir longtemps marché, il arriva enfin devant la maison.

Sans attendre, il frappa. Quelques secondes s'écoulèrent. Les tempes de Rymorï battaient. Comme personne n'ouvrait, il frappa une nouvelle fois. Mais rien ne se passa. Il frappa, frappa, frappa, frappa encore et encore... puis il décida d'attendre.
Il attendit une heure. Puis deux. Au bout de trois heures, désespéré, il se leva, et après avoir frappé une dernière fois, tourna les talons et s'en alla. Mais à peine fut-il en route qu'un bruit de loquet attira son attention. Il fit volte-face, et aperçut Rymorà sur le pas de la porte.
- Je... excuse-moi, dit-elle. Je suis désolée, je... je...
- Tu es si Démoniaque, la coupa Rymorï.
- Entre, ajouta Rymorà.
Arrivé au salon, Rymorï s'assit dans un fauteuil et soupira. Un silence s'ensuivit. Puis Rymorà, qui le regardait, lança doucement:
- Alors? Tu ne m'embrasses pas?
Rymorï sourit.
- Je fais durer le plaisir, dit-il.
Puis il ajouta:
- Approche...
Rymorà s'exécuta, et Rymorï posa sur sa bouche un baiser silencieux. Puis un autre. Encore un.
- Je...
Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, ni même de la commencer, puisque Rymorï la gratifia cette fois d'un long et tendre baiser. Quand cela fut terminé, Rymorà sourit.
- C'est toi qui embrasses le mieux de tous mes amants, dit-elle.
- Petite dévergondée, rit Rymorï. Après avoir repris ses esprits, Rymorï lança:
- Tu sais, je...
- Chut... fit Rymorà.
- Je...
- Il n'y a pas de mots...
- Si...
- Non...
- Si... je t'aime, Rymorà.
Celle-ci fut prise d'un sanglot:
- C'est vrai? Oh... moi... moi aussi mon amour!
- Depuis maintenant deux ans que nous nous sommes rencontrés, je n'ai jamais aimé une femme autant que toi. Car les autres étaient des femmes ordinaires.
- Oh... c'est bien vrai?
- Oui, c'est vrai.
- Mon coeur... ce que tu me dis, c'est la chose la plus belle que jamais je n'ai entendue. Tu es aussi Sanglant à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Rymorï rougit. Il se sentait bien. Au loin, un crapaud coassait. Tout près, son coeur battait. Là-bas le jour passait... ici, tout était arrêté.
- Ma puce... Rymorà...
Mais il ne put continuer. Une fois de plus, leurs lèvres se rejoignirent. Ils déliraient presque tant la fièvre les gagnait... ils étaient en haut d'un chêne, en train de pénétrer à l'air libre. Près d'eux, Un barde chantait un Concerto pour Détraqués en les regardant. Comme frappé d'un coup de foudre, Rymorï fasciné eut à peine le temps d'apercevoir, dans un éclair, comme dans une toile de Jean La Brique, Rymorà réincarnée en sirène... Ecume bouclée, vagues ébouriffées, ciel baigné de nuages qui font cligner la lune, commissures nacrées de lèvres de coquillages, le sourire émaillé de corail blanc, la voix lactée et les seins nus étoilés de mer... tout disparut lorsque Rymorï rouvrit les yeux.
- Marions-nous...
- Pourquoi n'est-ce pas déjà fait?
Ils rirent. Ils étaient heureux.
Ils discutèrent toute la nuit. Ils parlaient de tout, de rien.
- Tu sais, c'est drôle, dit Rymorà, car hier matin, ôrymoré a tenté de me séduire.
- Non, c'est vrai?
- Oui, et comme je lui disais que c'était toi, l'amour de ma vie, il m'a répondu que je perdais mon temps et que je serais bien plus heureuse avec lui.
- Ça ne m'étonne pas de lui, il a toujours essayé de gâcher ma vie privée.
- Heureusement je lui ai dit ceci: ''Le jour où tu seras un tant soit peu civilisé, mon petit bonhomme, tu apprendras que mon Rymorï est plus Pouilleux que n'importe qui. Et tu ne lui arrives pas à la cheville.''

Dans un sourire, un souffle, un battement de cils, ils se dirent ''je t'aime''. Ce sourire brille encore au fin fond des étoiles... ce souffle chante encore dans les hautes couches de l'atmosphère... ce battement de cils scintille toujours quelque part. Ils s'aiment.